Flotte oceanographique française

Première réunion du COSS élargi

Première réunion du COSS élargi

Publié le 21/06/2013

En parallèle des Journées de la flotte (10 et 11 juin centre Ifremer de Brest) consacrées à la restitution des bilans des campagnes hauturières des deux dernières années, se tenait à Brest le Comité d'Orientation Stratégique et Scientifique de la flotte (COSS), structure de conseil de l'UMS Flotte, dans sa version élargie. En effet à la différence de la structure précédente, le Comité Stratégique et Technique de la Flotte hauturière et côtière française (CSTF), le COSS a une composition plus restreinte et s'élargit une fois par an à des invités (ministères, alliances…), ainsi qu’aux principaux partenaires de la flotte (Marine nationale, SHOM, TAAF…). En conséquence, cette session a été marquée par une volonté de la présidente du COSS, Françoise Gaill, de permettre à tous les participants de pouvoir s'approprier cette nouvelle structure fédératrice et des problématiques qui l'entourent.

 En introduction à la discussion sur le Plan d'évolution de la flotte (PEF), qui a été l’un des points important de cette réunion, les deux présidents de commissions d'évaluation ont analysé l'évolution des demandes de campagnes sur dix ans.

 En matière hauturière, la baisse du nombre de propositions de campagnes constatée ces dernières années doit être relativisée par les changements structurels (la fusion des trois commissions thématiques en une seule et le maintien du classement "prioritaire 1" sur une, puis deux années) et par l'allongement de la durée moyenne des campagnes avec une plus grande pluridisciplinarité.

 Pour le côtier, la baisse du nombre de campagnes est multifactorielle en raison de navires vieillissants, de l'entrée dans le périmètre de la TGIR des nouveaux navires de station du CNRS qui accueillent une partie des missions réalisées autrefois sur les navires côtiers, et de l'existence d'un "ticket modérateur" pour les seuls navires du CNRS, élément qui constitue un obstacle supplémentaire pour le financement déjà complexe des campagnes.

 Olivier Lefort, directeur de l’UMS Flotte, tout en présentant la Flotte océanographique française (FOF) dans l'environnement général de la recherche, a décrit la nouvelle version du PEF, qui pour partie découle de cette analyse, et anticipe une capacité à répondre à une demande stable, voire en légère augmentation pour les navires hauturiers et une baisse limitée pour les navires côtiers. Ce PEF, dont la nécessité a semblé évidente aux participants, malgré un contexte budgétaire français difficile, a été confronté à ceux des deux autres grandes puissances européennes en recherche océanographique : la Grande-Bretagne termine la construction du Discovery, tandis que l'Allemagne poursuit une politique maritime ambitieuse avec un plan de construction financé pour quatre navires hauturiers.

 Ce COSS a été marqué également par un consensus des intervenants invités : la flotte devrait être conduite à répondre de plus en plus aux différentes et multiples demandes des politiques publiques, en complément des missions relevant du domaine de la recherche académique. Claire Hubert du ministère de l'écologie et, par ailleurs, membre du conseil d'administration de l'Ifremer, a rappelé fermement que l'élaboration d'une recherche de qualité doit être "à l'écoute des citoyens, mais aussi des industriels, afin de favoriser l'innovation", faisant en cela référence aux dernières recommandations de la Cour des comptes sur le financement de la recherche publique. Elie Jarmache, qui remplaçait le Secrétaire général de la mer, a attiré l'attention du COSS sur l'analyse faite par la Direction générale des affaires maritimes et de la pêche (DG MARE) de la Commission européenne qui considère l'océanographie comme une source de gaspillage par l'octroi de subventions redondantes. Si comme jamais jusqu'à présent la mer n'a été aussi présente dans les documents européens, un tournant historique pourrait s'amorcer qui oblige immédiatement à une prise de conscience de la part de tous les acteurs de la Flotte sur la nécessité de se servir du sérieux et de la méthode de la science pour obtenir des moyens suffisants,sans pour autant se limiter à la seule vision académique ; la mutualisation des moyens entre puissances maritimes doit être également examinée sans complexe.

 Laurent Louvard, qui représentait le SHOM et Philippe Guivarc’h l'Etat-major de la Marine se sont quant à eux félicités du partenariat existant avec l'Ifremer sur l'usage partagé du Pourquoi pas ? et du Beautemps-Beaupré, appelant de leurs vœux une réflexion autour d'un approfondissement de ce partenariat.

 Personnalités qualifiées et invités ont également souligné, le progrès que l'UMS Flotte océanographique française représente en termes d'optimisation de la gestion de la flotte, déjà visible pour ceux qui la regarde de l'extérieur, tout en souhaitant que de nouvelles étapes soient franchies.