Appel d'offres Universités Flottantes 2021

En 2021, la flotte propose trois possibilités d'Universités Flottantes ouvertes sur le Pourquoi Pas? et le Marion Dufresne :

 

1/ La Mission GHASS2-1, sur le Pourquoi Pas ? :

Programmée du 16/08 au 03/09, de Constanta à Constanta, 5 à 7 places disponibles environ.

Chef de mission : Vincent RIBOULOT (Ifremer).

Cette mission fait suite à la première mission ayant eu lieu en septembre 2015 à bord du Pourquoi Pas?. Les objectifs de cette première mission étaient l’étude de la dynamique du système hydrates/gaz libre et les facteurs responsables des déformations sédimentaires et des glissements sous-marins du canyon du Danube. Suite à cette mission, nous avons pu démontrer que la dynamique des hydrates de gaz découverts et l’architecture sédimentaire contrôlaient la localisation des panaches acoustiques observés dans la colonne d’eau et associés aux émissions de gaz. L’analyse des données sismiques nous a permis de caractériser en partie ce système. Des simulations numériques d’évolution de la zone de stabilité des hydrates suggèrent divers scénarios de déstabilisations des hydrates, et permettent de prédire leur évolution. A la vue de ces résultats, GHASS2 va se focaliser sur un secteur pour mieux caractériser le système « Fluides ». L’évolution des systèmes à hydrates est suspectée comme responsable de la mise en place de plusieurs glissements sous-marins. Les approches quantitatives envisagées pour la globalité de la mission sont pluridisciplinaires (géophysique, géotechnique, sédimentologique, structurale, bio-géochimique, microbiologique) afin de comprendre les processus en jeu liés au cycle du méthane et à la dissociation des hydrates de gaz. Les données de sismique réflexion seront contraintes par des mesures directes (carottage et mesures in situ avec le pénétromètre PENFELD). Les données acoustiques de la colonne d'eau et à l'interface eau/sédiment seront elles contraintes par des observations, prélèvements et mesures in situ lors de plongées ainsi que par des prélèvements d'eau et du carottage.

La partie 2021 ouverte à cet appel d’offre concerne l’acquisition sismique et SMFles mesures in-situ (penfeld, piézo, CTD-rosette, et atmosphère), les longues carottes et flux de chaleur, et 2 jours d'acquisition SMF-colonne d'eau. Tous les travaux sur les carottes sont réalisés à bord : mesures géotechniques, analyses géochimiques et microbiologiques. Le but de ce LEG est (1) de caractériser les interprétations faites sur les données sismiques, (2) de vérifier les hypothèses émises par la modélisation de la stabilité des hydrates de gaz et son évolution future, (3) de contraindre la dispersion du gaz dans la colonne d'eau et l'atmosphère et (4) de caractériser de la mise en place du système moderne du complexe de dépôt du Danube.

 

2/ La mission SEZAM, sur le Marion Dufresne :

Programmée du 15/04 au 27/05, de La Réunion à La Réunion, 10 places disponibles environ.

Cheffe de mission : Laurence DROZ (CNRS)

La marge du Mozambique, l'une des plus étendue au monde, présente des environnements de dépôt d'une complexité telle qu'il n'est pas possible actuellement de caractériser le fonctionnement plio-quaternaire de la marge, même en considérant les données récemment acquises dans le Canal du Mozambique. L'absence apparente de connexions source-bassin et l'ampleur des perturbations engendrées par les instabilités d'un côté et la sédimentation contouritique de l'autre sont des facteurs limitant pour la compréhension du mode de fonctionnement paradoxal des deux systèmes turbiditiques identifiés : l'un chenalisé et encaissé sans dépôt associés dans les 1000 km amont du système; l'autre confiné, plus proche de la source mais apparemment isolé des apports du Zambèze, est pourtant un dépôt-centre actif depuis au moins 300 ka.

Afin d'apporter des réponses à ces questions, la campagne SEZAM (SEdimentation des apports du ZAMbèze) se concentrera sur le Nord Canal du Mozambique, entre 100 et 3000 m de profondeur, avec quatre objectifs majeurs : (1) déterminer le « routing » des sédiments du fleuve Zambèze vers le bassin, (2) préciser le rôle des courants de contour sur la répartition des sédiments, (3) préciser l'impact des instabilités de pente et (4) déterminer le rôle des mouvements verticaux (variations eustatiques et de la tectonique) dans la distribution et l'accumulation sédimentaire sur la marge mozambicaine. Pour atteindre ces objectifs, la campagne mettra en oeuvre des outils géophysiques à 8 nds (Sondeur multifaisceaux, Sismique multitrace rapide, Sondeur de sédiment, ADCP) pour définir les architectures sédimentaires et structurales de la pente mozambicaine et des systèmes turbiditiques. Des carottages Calypso seront réalisées lors d’une future mission complémentaire sur zone et permettront d’échantillonner les différents environnements de dépôt, préciser la nature des sédiments et leur lithofaciès et établir un cadre chronostratigraphique. Les transits aller et retour depuis La Réunion à la zone d'étude seront valorisés avec des acquisitions de Sondeur multifaisceaux et de sondeur de sédiment à 11 nds. La campagne nécessite 32 jours d'acquisition. L'équipe scientifique réunie autour de ce projet possède déjà une bonne connaissance de la sédimentation plio-quaternaire de la marge mozambicaine. Elle se compose de chercheurs du laboratoire Géosciences Océan de l'UBO/CNRS, du Laboratoire Géodynamique et environnement Sédimentaire d'Ifremer/GM, du Laboratoire Géosciences Rennes de l'Université de Rennes 1 et du département Géoressources de l'IFP-EN. Par ailleurs, nous souhaitons développer des collaborations scientifiques avec l'Université E. Mondlane (UEM, Maputo), l'Institut National du Pétrole (INP, Maputo) et l'Institut Alfred Wegener (AWI, Brème) pour lesquelles des contacts ont été pris.

 

3/ La mission DIPOMOUSS, sur le Marion Dufresne :

Programmée du 25/06 au 07/08, de La Réunion à La Réunion, 10 places disponibles environ.

Chef de mission : Franck BASSINOT (LSCE)

La campagne DIPOMOUSS est articulée autour de six thèmes principaux : (i) évolution de l’état moyen du Dipole Indien et ses liens avec la dynamique de la mousson aux échelles de la variabilité sub-millénaire du climat et de la réponse orbitale, (ii) impact des fluctuations de l’Indonesian Throughflow (ITF) sur la température de surface et de subsurface de l’Océan Indien aux échelles orbitales et sub-orbitales, (iii) exports détritiques distants (sortie du Golfe du Bengale) liés à la l’altération/érosion du pourtour de la Baie du Bengale et de l’Himalaya, (iv) évolution du système des carbonates dissous (pH, CO3) dans les différentes masses d’eaux de l’Océan Indien intermédiaire et profond en liaison avec les transferts de carbone depuis ou vers l’atmosphère au cours des entrées/sorties de glaciation et lors des changements climatiques rapides ; (v) calibration des proxies utilisés pour les reconstructions paléocéanographiques ; (vi) Impacte des éruptions du Toba sur le climat, la dynamique océanique et l’acidification de l'océan.

 

Nous attendons donc des établissements d’enseignement supérieurs candidats à l’une de ces opérations via leurs formations spécifiques de constituer le dossier joint en répondant aux attentes du projet d’UF tel qu’il est décrit ci-dessus.

 

Calendrier :       

1) Compte tenu des contraintes d’organisation, un premier retour mentionnant la mission de votre choix est souhaité pour le 15 janvier 2021.

2) La date limite de dépôt des dossiers complétés est fixée au 29 janvier 2021.

3) La CNFH se réunit et évalue votre dossier première quinzaine de février.

4) Les résultats seront communiqués vers la mi-février 2021.

Les choix préliminaires ainsi que les dossiers seront à déposer auprès du secrétariat de la CNFH : nadine.rossignol@ifremer.fr